Programmes de recherche

Recherche et conservation ex-situ

Les recherches scientifiques menées par l’ECWP sur l’état des populations d’outardes houbara (statut, distribution) ont, dans un premier temps, souligné la nécessité de sauvegarder en captivité la diversité génétique de l’espèce et de produire des surplus d’oiseaux sains afin de renforcer les populations sauvages en déclin. L’ECWP conduit des recherches appliquées et fondamentales sur l’ensemble des domaines relatifs à la biologie de l’outarde houbara : génétique, biologie de la reproduction, écophysiologie, comportement, épidémiologie et recherche vétérinaire

Recherche et conservation in-situ

Dès le lancement du projet, l’ECWP a initié des études approfondies de l’écologie des populations résiduelles d’outardes sauvages : étude des mouvements (domaines vitaux, migration, dispersion des juvéniles), étude de l’utilisation des habitats par les différentes classes de la population (femelles, mâles et juvéniles), compréhension de leurs stratégies d’appariement et suivi interannuel du succès reproducteur. Depuis 1996, plus de 250 outardes sauvages ont ainsi été suivies individuellement, par radio pistage ou par satellite, permettant d’identifier précisément les besoins de l’espèce (Publications de l'ECWP).
L’acquisition de ces connaissances fondamentales a permis l’instauration et l’ajustement de mesures concrètes de protection et de restauration des populations naturelles, afin d’endiguer le déclin de l’espèce dans l’est marocain.

Recherche et écologie de la restauration

Pour qu’un programme de restauration soit considéré comme durable, il faut pouvoir évaluer sur la durée le succès des renforcements et leur impact éventuel sur les populations sauvages résiduelles et leurs habitats. Il faut donc identifier les facteurs clés affectant le succès du programme et en assurer un suivi continu.  
Ainsi, afin de  garantir une amélioration des techniques de lâcher et un ajustement de la stratégie de renforcement, l’ECWP assure un suivi minutieux de tout ou partie des oiseaux lâchés par des méthodes directes (radio-pistage) et indirectes (marquage, capture-recapture) et mesure les indicateurs suivants : survie, dispersion et succès reproducteur.
Entre 1999 et 2003, la mesure de ces indicateurs, lors de lâchers expérimentaux, où 600 outardes ont été équipées d’émetteurs VHF, a permis d’orienter le choix des méthodes de lâcher, des saisons, des sites, etc. Aujourd’hui, plus de 800 outardes ont ainsi été suivies par radio-pistage sur des périodes allant de un à trois ans, révélant  un taux de survie moyen de 70% un an après le lâcher. Ces suivis sur le long terme ont également confirmé la capacité des oiseaux lâchés à se reproduire, contribuant de façon significative à la régénération naturelle de l’espèce.

Etudes de l’habitat de l’outarde

Aujourd’hui, l’habitat de l’outarde est fragilisé (sécheresse, surpâturage). Les facteurs écologiques déterminants dans la survie des oiseaux sont progressivement identifiés.
Chaque année, des inventaires de la flore et de la faune (gazelles, chauve-souris, arthropodes, etc.) sont dressés. L’impact du pâturage et la régénération des communautés végétales sont mesurés. Ces informations originales sont analysées et cartographiées, et viennent alimenter une base de données particulièrement précieuse pour l’ECWP, mais aussi pour tous ceux qui s’intéressent à la biodiversité des écosystèmes de la région.